LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L’ONU DEMANDE INSTAMMENT QU’IL SOIT MIS FIN AUX CYCLES RÉCURRENTS D’INSTABILITÉ DANS LA RÉGION DES GRANDS LACS

Saïd Djinnit, Envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, rend compte au Conseil de sécurité de la situation dans la région des Grands Lacs. Photothèque de l’ONU/Eskinder Debebe

11 avr 2018

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L’ONU DEMANDE INSTAMMENT QU’IL SOIT MIS FIN AUX CYCLES RÉCURRENTS D’INSTABILITÉ DANS LA RÉGION DES GRANDS LACS

Le Conseil de sécurité de l’ONU a demandé mardi qu’il soit mis fin aux cycles récurrents de violence et d’instabilité dans la région des Grands Lacs, un haut fonctionnaire de l’ONU ayant indiqué que certains groupes armés continuaient d’attaquer des civils en République démocratique du Congo (RDC).

« Les forces négatives, notamment les Forces démocratiques alliées, continuent d’attaquer et de terrifier la population, causant des souffrances et des déplacements et alimentant la méfiance entre les pays de la région », a affirmé Saïd Djinnit, Envoyé spécial pour la région des Grands Lacs.

L’ONU mène depuis longtemps des activités visant à instaurer la paix et la stabilité dans cette vaste région, qui couvre le Burundi, le Kenya, l’Ouganda, la RDC, le Rwanda et la Tanzanie.

 La région est en proie depuis des décennies à l’instabilité politique et aux conflits armés, à des frontières poreuses et à des crises humanitaires, ainsi qu’à des tensions par rapport aux ressources naturelles et d’autres facteurs potentiels de déstabilisation.

L’action de l’ONU a connu un jalon lorsqu’a été adopté un accord négocié sous son égide en février 2013, qui visait à stabiliser la RDC et la région.

Dans l’exposé qu’il a fait aujourd’hui au Conseil de sécurité, M. Djinnit a reconnu que la mise en œuvre de cet accord, connu officiellement sous le nom d’Accord‑cadre pour la paix, la sécurité et la coopération, était lente et devait susciter une plus grande volonté politique, mais a estimé qu’il demeurait un instrument essentiel à l’instauration de la stabilité dans la région.

L’une des causes profondes du conflit dans la région est l’exploitation des ressources naturelles de la RDC.

« La poursuite de l’exploitation et du commerce illicites des ressources naturelles de la RDC contribue, comme nous le savons, au financement de forces négatives et prive le pays de sources essentielles de croissance et de développement », a expliqué M. Djinnit.

L’Envoyé spécial a également déclaré que les tensions persistaient en RDC entre le Gouvernement et l’opposition en dépit des progrès réalisés dans la préparation des élections.

Il a fait observer qu’en ce qui concerne le Burundi, la situation politique et des droits de l’homme restait très préoccupante alors que le pays devait tenir un référendum sur la réforme constitutionnelle.

Par ailleurs, les violations des droits de l’homme et l’impunité restent au cœur de l’instabilité dans la région, a‑t‑il ajouté, soulignant que la situation humanitaire exigeait également une attention accrue.

Dans une déclaration à la presse publiée à l’issue de la séance, le Conseil de sécurité a réaffirmé que l’accord « reste un mécanisme essentiel pour instaurer une paix et une stabilité durables en République démocratique du Congo et dans la région » et demandé à tous les signataires d’honorer les engagements qu’ils ont pris en vue de remédier aux causes profondes du conflit et de promouvoir un développement régional durable.

L’Accord‑cadre a été signé par 11 pays, à savoir l’Afrique du Sud, l’Angola, le Burundi, l’Ouganda, la République centrafricaine, la République du Congo, la RDC, le Rwanda, le Soudan du Sud, la Tanzanie et la Zambie. L’ONU, l’Union africaine, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, la Communauté de développement de l’Afrique australe en sont les Garants. Au début de 2014, le Kenya et le Soudan sont devenus les douzième et treizième signataires de l’Accord‑cadre, respectivement.