CERTAINES QUESTIONS DOIVENT ENCORE ÊTRE RÉGLÉES EN PRÉVISION DES ÉLECTIONS EN RDC, DIT SAÏD DJINNIT AU CONSEIL DE SÉCURITÉ [UN RAPPORT DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L’ONU]

24 déc 2018

CERTAINES QUESTIONS DOIVENT ENCORE ÊTRE RÉGLÉES EN PRÉVISION DES ÉLECTIONS EN RDC, DIT SAÏD DJINNIT AU CONSEIL DE SÉCURITÉ [UN RAPPORT DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L’ONU]

CERTAINES QUESTIONS DOIVENT ENCORE ÊTRE RÉGLÉES EN PRÉVISION DES ÉLECTIONS EN RDC, DIT SAÏD DJINNIT AU CONSEIL DE SÉCURITÉ [UN RAPPORT DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L’ONU]

New York, le 11 octobre 2018 – Saïd Djinnit, Envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, a présenté le dernier rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région (S/2018/882) couvrant la période allant du 1er mars au 31 août 2018. Rappelant qu’une réunion du Mécanisme régional de suivi de l’Accord-cadre s’était tenue à Kampala (Ouganda) le 8 octobre 2018, il a déclaré que l’insécurité dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) persistait à cause des Forces démocratiques alliées (ADF), des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), de l’ex-Mouvement du 23 mars (M23), de certains éléments burundais et de groupes armés locaux. Il a affirmé que, selon les informations qui continuent d’être recueillies, les intrusions transfrontières se poursuivraient, et les activités de ces groupes alimentent également la méfiance entre les pays de la région tout en menaçant la paix et la sécurité.

Soulignant qu’il fallait renforcer la Brigade d’intervention de la MONUSCO, l’Envoyé spécial a déclaré que la Mission et le Département des opérations de maintien de la paix avaient commencé à mettre en œuvre les recommandations contenues dans un rapport issu de la récente mission d’évaluation conjointe menée par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) dans l’est de la RDC. S’agissant du rapatriement des combattants désarmés, il a estimé que des efforts continuaient d’être déployés, notamment que le Mécanisme de rapatriement avait été réactivé, et que ces efforts donnaient certains résultats. Au total, 41 personnes ont été rapatriées dans leur pays d’origine, dont 5 ex-combattants des FDLR et 14 combattants de
l’ex-M23. « Si ces résultats peuvent sembler modestes, ce qui importe, c’est que le Mécanisme de rapatriement ait créé une dynamique positive de coopération entre les pays concernés », a ajouté l’Envoyé spécial.

S’engageant à continuer d’œuvrer dans le même esprit de coopération, l’Envoyé spécial a ensuite décrit les efforts ayant été faits pour renforcer les liens d’amitié et de coopération entre les pays au cœur de la région. Rappelant ses déclarations précédentes au Conseil concernant la nécessité de prendre des mesures face à la méfiance persistante entre la RDC, le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda, il a passé en revue les initiatives visant à promouvoir un dialogue franc entre les dirigeants de ces pays afin de régler les différends et les problèmes qui pourraient nuire aux bonnes relations et à la coopération. Il a notamment évoqué une réunion au cours de laquelle le Président ougandais Yoweri Museveni a succédé au Président congolais Denis Sassou Nguesso à la présidence du Mécanisme régional de suivi.

Soulignant les efforts déployés en faveur de processus politiques et électoraux pacifiques, crédibles et inclusifs dans la région, l’Envoyé spécial a déclaré que la situation en RDC, en République centrafricaine et au Soudan du Sud continuait de nourrir l’instabilité dans la région. Insistant sur l’importance d’élections pacifiques et crédibles, en particulier en RDC, il a ajouté que les efforts étaient axés sur la mobilisation d’un appui régional et international concerté en faveur de la mise en œuvre de l’Accord politique du 31 décembre 2016 et sur l’obtention d’un appui régional fort en prévision des élections devant se tenir le 23 décembre 2018. Parmi les autres activités figuraient l’action menée pour régler les différends persistants entre le Gouvernement et l’opposition au Burundi, faciliter le dialogue interburundais et encourager un engagement plus ferme en faveur d’un dialogue inclusif et de processus politiques associant les femmes, les jeunes et la société civile dans toute la région.

S’agissant des causes profondes des conflits dans la région, l’Envoyé spécial a expliqué que son Bureau s’attachait à lutter contre l’impunité et à trouver des solutions aux déplacements prolongés, ainsi qu’à appuyer les initiatives visant à mettre fin à l’exploitation et au commerce illicites des ressources naturelles. « Si justice n’est pas faite et que les droits et libertés fondamentales des peuples ne sont pas respectés, la paix ne pourra être durable », a-t-il souligné. Les efforts se poursuivent donc en vue de la mise en place du Réseau de coopération judiciaire de la région des Grands Lacs. L’Envoyé spécial a ajouté que son Bureau – agissant en concertation avec
le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, l’Autorité intergouvernementale pour le développement et d’autres partenaires – continuait de promouvoir des solutions durables aux déplacements prolongés dans le cas de réfugiés venus du Burundi, de la RDC et du Rwanda, dont la présence nourrissait la méfiance et imposait un lourd fardeau aux communautés d’accueil.